FR – Méditations guidées – Les obstacles

Pratiques de base du Samadhi

Partie 2 – Les obstacles

La vraie méditation n’est jamais engagée dans une quelconque sorte d’action, de faire. Mais il s’agit plutôt de pénétrer à l’intérieur, d’être témoin de ce que le mental est déjà en train de faire, de rendre conscients les processus inconscients. La pratique est de rester présent avec ce qui est, et de rester non réactif. C’est-à-dire que vous restez équanime, dans un état de profond abandon, de profonde non-résistance intérieure, conscient des sensations au niveau le plus subtil, avant la pensée, avant la formation de la préférence de « ceci sur cela ».

La relation correcte avec tout ce qui se manifeste en méditation, est en fait de ne pas du tout le voir comme un problème ou un obstacle, mais simplement comme une partie des phénomènes de la méditation, de voir tous les phénomènes comme étant finalement vides. … de n’avoir aucun intérêt pour quoi que ce soit d’une manière ou d’une autre.

L’ego, la structure du soi est composé de pensées et de sensations que nous qualifions habituellement comme étant bonnes ou mauvaises. L’ego est un ensemble de préférences qui ne sont rien d’autre que le résultat d’expériences incomplètes qui sont stockées dans l’inconscient sous forme de mémoires. L’ego est un ensemble de câblages, de connexions dans l’esprit et le corps. Chaque fois qu’il y a une préférence, il y a un soi égoïque, et donc de la souffrance. La souffrance est la nature du soi, en raison de la nature impermanente de tous les phénomènes auxquels le soi s’attache.

En méditation, nous dirigeons notre attention et notre énergie loin des perceptions et des mémoires qui forment le soi pour nous concentrer sur la sensation brute. Lorsque nous maintenons l’attention au niveau de la sensation brute, de nouveaux neurones sont alimentés et connectés ensemble. Ce recâblage crée une façon différente d’interagir avec le monde. Vous commencez à cesser d’alimenter l’ancien câblage et à créer une nouveau câblage qui est plus subtil, avant l’étiquetage. … on expérimente la réalité comme un jeu d’énergie et vivant, et en même temps on ne s’identifie pas aux phénomènes comme faisant partie de soi-même.

L’énergie, le prana qui circulait dans l’ancien câblage devient disponible pour votre expérience de la vie dans le présent, et l’ancien câblage commence à protester, commence à perdre de l’énergie et à mourir. Les obstacles se manifestent comme une sorte de friction intérieure entre l’ancien câblage et le nouveau câblage, et cette friction est nécessaire pour que l’alchimie intérieure se produise.

En étant présent et conscient des sensations les plus subtiles possibles, dans un état de non-résistance à tous les phénomènes qui surviennent, le processus de recâblage se produit automatiquement. On pourrait qualifier cela de neuroplasticité autodirigée. Un processus dirigé par le vrai Soi, le Soi immanent, non conditionné. Le vous auquel vous êtes identifié ne contrôle pas ce processus.
Ce recâblage prend du temps. Tout comme quelqu’un qui n’a pratiqué le piano que pendant une courte période ne peut pas s’attendre à jouer comme un virtuose. Quelqu’un qui n’a pas pratiqué la méditation et effectué le recâblage nécessaire ne peut pas s’attendre à la libération d’un seul coup.

On peut avoir une expérience d’éveil, en réalisant son vrai Soi, mais l’esprit et le corps doivent être purifiés pour abriter la conscience éveillée de façon permanente. Sinon, on retombera simplement dans les anciens schémas habituels.
Vos schémas changeront en relation directe avec la quantité de méditation que vous effectué, la quantité de conditionnement auquel vous êtes identifié, qui peut aussi être nommé votre karma, et le degré auquel vous avez maîtrisé le fait d’être présent dans un état de non-résistance continu à ce qui est à chaque instant.

Ce câblage interne peut se faire lentement. Parfois, cela peut sembler se faire à l’allure d’un glacier, alors qu’à d’autres moments, cela peut sembler progresser rapidement. Continuez à pratiquer avec patience et persistance sans faire de Samadhi un but, un intérêt pour le mental. Soyez simplement en accord avec ce qui EST. Acceptez la douleur, les sensations, la fatigue, acceptez même la pensée pathologique. Plus vous acceptez cela complètement, plus vite cela apparaîtra et disparaîtra.

Ne faites pas un but de dissoudre l’obstacle. Vous devez vraiment autorisez que cela soit tel que cela est, sans aucune attente à ce que cela change. Vous entraînez l’esprit à être équanime, non-réactif, à percevoir la réalité au niveau sensoriel le plus profond – le champ du changement, le champ du prana, de l’énergie intérieure. Nous allons examiner trois des obstacles les plus courants : la douleur, la somnolence et la pensée excessive. Une approche similaire peut être faite avec tout obstacle ou phénomène qui se présente.

Avec chaque exemple, nous pouvons commencer à comprendre comment nous pouvons pénétrer les phénomènes avec notre conscience en observant ses diverses qualités et composantes cachées. Commençons par l’exemple de la douleur. Normalement, la douleur est une distraction temporaire, et la pratique consiste à revenir à la respiration. Dans un cas extrême, si la douleur devient votre objet de méditation sans que vous en n’ayez fait le choix, alors acceptez qu’elle devienne votre objet de méditation. C’est une opportunité de pénétrer profondément dans ses caractéristiques changeantes avec votre conscience.
Au début, cela peut sembler être comme un mur de douleur, mais si vous affinez votre esprit, vous découvrirez que la douleur est en fait un ensemble de différentes caractéristiques qui étaient inconscientes. Parfois, les personnes commenceront à déplacer leur corps, à bouger, à faire de petits étirements pour essayer d’échapper à leur douleur. Cela crée rapidement un schéma d’aversion dans le mental et ne fait qu’empirer la douleur. Il est important de faire la distinction entre la douleur productive et la douleur non productive.

La plupart des douleurs qui surviennent en méditation sont des douleurs liées aux schémas habituels du mental. Ceci est la douleur dans laquelle vous voulez pénétrer et apprendre à rester équanime. Ce type de douleur disparaît généralement rapidement lorsque vous vous lever du coussin. La douleur improductive est une douleur plus grave, peut-être liée à une blessure ou à une sorte de douleur extrême, qui pourrait endommager le système nerveux si vous essayez de la surmonter. La méditation consiste en la voie du milieu – vous voulez aller au-delà de votre zone de confort en repoussant vos limites, mais sans vous blesser ou endommager le système nerveux.

Il y a un temps pour être immobile, un temps pour une forte détermination de ne pas bouger, et il y a un temps pour être doux avec vous-même. Essayez de discerner la voie du milieu. Tout d’abord, nous allons laisser tomber le mot douleur, qui a une connotation négative. Au lieu de cela, nous la nommerons sensation. Laissez tomber toutes les étiquettes qui expriment une préférence de jugement. Ce langage de jugement nous maintient enfermés dans un cadre limité de désir et d’aversion.

Observez les sensations dans votre corps. Analysez… la sensation est-elle vive ou légère ? Est-ce que la caractéristique vive, ou légère varie sur la durée ? Est-ce que la sensation varie en intensité ? Est-ce une pulsation régulière ou une palpitation ? Est-ce statique ou dynamique ? Ces observations sont neutres, sans préjugés ni jugement. Observez, scientifiquement. Vous êtes juste témoin. Analysez, y a-t-il une chaleur, une sensation de brûlure ? Ou est-ce froid ? Identifiez l’endroit exact de la sensation dans le corps, et toutes les zones à l’intérieur du corps qui peuvent être reliées à la sensation.

Est-ce que ces endroits se déplacent ou sont-ils statiques ? Est-ce que les zones des sensations s’étendent ? Est-ce qu’elles s’étendent lentement, ou font-elles des bonds tout autour rapidement ? Est-ce que cela semble être solidifié dans une zone… fixe ? Dans une sensation grossière, y a-t-il un picotement, une énergie subtile à l’intérieur ? Y a-t-il une contraction dans la respiration lorsque la sensation se manifeste ? Y a-t-il un subtil ou pas si subtil refus qui dit non, un rejet dans une partie profonde de votre être ? Y a-t-il une contraction des muscles ? Vous accrochez-vous à quelque chose, protégez-vous quelque chose ?

Restez dans le champ du changement. Observez les qualités et les caractéristiques changeantes de votre expérience sensorielle directe. Pénétrez la sensation grossière solidifiée, imprégnez-la de votre conscience. Ne soyez pas attaché à ce que le corps ressent. Ne soyez pas attaché à des sensations particulières, mais rester avec l’ensemble du champ des phénomènes changeants. Observez le changement lui-même, en comprenant que tout phénomène particuliers est impermanent, qu’il apparait et disparait.

La même approche peut être utilisée avec la somnolence, ou la torpeur mentale, qui a pris le dessus sur votre méditation. Observez les caractéristiques de la somnolence. Affinez votre conscience pour en saisir les subtilités. Laissez tomber le mot somnolence et observez simplement la sensation. Peut-être qu’il y a une pression ou une lourdeur autour des yeux. Peut-être qu’il y a un affaissement dans votre posture. Le corps peut sembler lourd. Peut-être qu’il y a de la rêverie ou du brouillard mental. Pénétrez dans ce brouillard. Pénétrez-le. Eclairez-le. Imprégnez-le avec votre conscience. Ne le repoussez pas. Voyez-le clairement pour ce qu’il est.

Ces sensations augmentent-elles en intensité à certains moments, et diminuent-elles à d’autres moments ? Y a-t-il un changement dans la respiration lorsque ces sensations se manifestent ? Continuez à observer le champ des phénomènes changeants avec une conscience claire et vive, et un profond abandon à ce qui est.
Votre méditation sera vivante si vous êtes présent. Expérimentez cette remarquable loi de la nature : lorsque vous ne réagissez pas, lorsque vous n’étiquetez rien, en observant la réalité au niveau le plus subtil, cette alchimie intérieure se déploie.

Les sensations qui se manifestent dans le corps n’ont pas à créer de la souffrance. Ceci est une révélation. Ceci est un changement radical de la réalité. Mais soyez patient. Travaillez avec assiduité. Un des plus grands défis en méditation est le « monkey mind », l’excitation mentale, l’esprit agité. Normalement, la pratique consiste à ramener l’esprit sur la respiration lorsqu’il vagabonde. Même si l’esprit est très agité, utilisez autant que possible la respiration comme objet de méditation. Mais encore une fois, dans des cas extrêmes, cela n’est pas possible, et il semblera que le mental ait complètement pris le dessus. Si le mental est persistant dans sa production de pensées au point que vous n’êtes plus du tout capable d’observer la respiration, alors accepter que les pensées soient devenues votre objet de méditation.

Il y a plusieurs façons d’amener nos pensées inconscientes à la conscience.
Voici une de ces pratiques : Il suffit d’attendre que la prochaine pensée surgisse.
Soyez comme un chat qui regarde un trou de souris pour voir apparaître la souris. Lorsque la pensée apparaît, observez si elle est constituée d’une image visuelle, si c’est une pensée auditive, ou une combinaison des deux. Toutes les pensées sont soit visuelles, soit auditives, soit les deux. Cela s’applique aussi bien lorsque nous sommes réveillés que lorsque nous rêvons. Si aucune pensée n’apparait, alors soyez simplement conscient qu’il n’y a pas de pensée qui apparait.

Une pensée visuelle est une image qui apparaît dans votre esprit. Il peut s’agir d’une personne, d’un lieu ou d’une chose. Une pensée auditive est comme se parler à soi-même, un dialogue interne dans la tête. Parfois, une pensée sera floue, indistincte, non formée, pas tout à fait consciente. Il peut être difficile de saisir ce que c’est exactement. Faîtes juste de votre mieux pour être conscient, pour distinguer si elle est visuelle, auditive, ou les deux.

Ou, s’il n’y a pas de pensée qui se manifeste en ce moment. Il est important de comprendre précisément ce que nous entendons par pensées. Ici, nous utilisons les mots pensées, perceptions et sensations d’une manière très précise et particulière, qui est propre à la pratique de la méditation. Dans les enseignements du Bouddha, les cinq skandhas, les cinq agrégats, décrivent les aspects de l’esprit auxquels nous nous référons.

Le premier skandha, le premier agrégat est appelé « rupa », qui est simplement la forme physique, le corps. La sensation se manifeste sur rupa, sur le corps. Par exemple, pendant que vous méditez, vous pouvez être conscient d’une sensation de chaleur, la sensation grossière se manifeste sur le corps. Il s’agit d’un phénomène nu, votre vitalité intérieure, votre énergie intérieure, qui apparaît et disparaît dans le corps avant la formation de la pensée, avant toute étiquette ou définition. Ceci est appelé « vedana », le deuxième skandha, le niveau racine de la conscience sensorielle. C’est là où nous voulons maintenir notre attention.

Les troisième et quatrième skandhas sont où apparaissent les couches les plus persistantes de Maya et d’illusion. L’étape suivante, l’étape de la perception, est celle où nous percevons les « choses ». Nous pourrions dire à ce stade qu’il y a une sensation d’intense chaleur dans le genou. Il y a une chose nommée douleur au genou. Ceci est « sanna », le troisième skandha qui est la cognition, l’identification d’une chose particulière séparée, distincte.

Et finalement, il y a ce qui déclenche les « sankaras » – le quatrième skandha, le schéma de réponse habituel et conditionné du mental qui est basé sur les définitions et les croyances de chacun. C’est là que se produisent le désir et l’aversion. Dans le cas de la douleur, nous avons une aversion pour la douleur.
Le désir et l’aversion sont toujours liés à ce qui a été vécu, les souvenirs, les opinions et les définitions que chacun possède.

L’esprit peut maintenir un souvenir d’un moment où vous étiez en train de courir et avez eu une blessure au genou, ou peut-être avez-vous subi une opération, il se peut qu’il y ait une histoire liée au genou. Votre mental pourrait dire : « pas encore ça ». Il pourrait dire : « cette douleur est en train gâcher ma méditation ». Les pensées concernant le genou sont toujours sous forme de mots et d’idées, ou elles peuvent être sous forme d’images visuelles, ou les deux. C’est ce à quoi nous faisons référence par pensées, qui sont distinctes des sensations brutes et des perceptions du genou en tant que chose séparée.

Un autre exemple : lorsque vous méditez, il peut y avoir une odeur qui est une sensation. Au niveau de vedana, le deuxième skandha, cela n’est ni bon ni mauvais. Ce n’est pas une odeur particulière, c’est une sensation brute. Lorsque vous sentez l’odeur, votre mental peut alors l’étiqueter comme étant le parfum d’une fleur. Ceci est le troisième skandha, sanna. Puis finalement, l’odeur peut déclencher une pensée basée sur vos préférences, qui est un schéma habituel du mental, le sankara.

Peut-être que votre mental va générer l’image d’une fleur, ou peut-être avez-vous un souvenir positif du jardin de votre grand-mère. Ou bien cela peut déclencher un dialogue négatif sur la façon dont l’espace de méditation est censé être un environnement sans odeur. Que l’odeur soit perçue comme bonne ou mauvaise dépend des préconceptions et des idées contenues dans le mental. L’odeur elle-même au niveau de vedana est neutre. Donc en résumé, la sensation de l’odeur est une chose, l’étiquetage mental en est une autre, et le désir et l’aversion, la préférence basée sur vos croyances, en est une autre.

Commencez à observer ces processus afin que vous puissiez distinguer clairement vos pensées des perceptions et des sensations. Rendez vos pensées claires et conscientes. La conscience des quatre premiers skandhas est nommée « vinnana », qui est le cinquième skandha. Avec la pratique, vous pouvez commencer à faire l’expérience non seulement du champ des phénomènes changeants, mais vous pouvez réaliser vous-même en tant que conscience qui observe. Identifiez les deux aspects de la dualité, l’aspect changeant des phénomènes et l’immobilité, le calme immuable, la conscience elle-même.

En observant le champ du changement, réalisez cette conscience, qui est au-delà des sensations, au-delà des pensées, au-delà de ce que fait le corps. Une autre technique, qui peut vous aider à rendre conscients les schémas de pensée inconscients, est d’observer les caractéristiques des pensées en termes de leur contenu. Ici, nous effectuons consciemment l’action d’étiquetage et d’identification qui est normalement faite automatiquement par l’esprit inconscient.

Attendez que la prochaine pensée apparaisse. Peut-être que la pensée est un souvenir de quelque chose du passé comme un événement, ou peut-être que c’est une récapitulation des événements de votre journée, une remémoration d’une conversation passée. Prenez-en simplement note en vous disant « remémoration », ou « souvenir », ou simplement « passé ». Étiquetez-le en tant que « passé» sans rentrer dans l’histoire. Comme un scientifique, vous étiquetez simplement, observant simplement ce qui est. Ne cédez pas au mental, ne vous laissez pas embarquer dans le dialogue du mental.

Peut-être que la pensée qui apparaît est quelque chose en lien avec le futur, tel que planifier, prévoir, s’inquiéter ou souhaiter. Prenez-en simplement note en vous disant « planifier » ou « futur ». Peut-être que la pensée ressemble plus à une rêverie, une fantaisie, ou au mental créant une histoire. Dans ce cas, étiquetez-la « fantaisie » ou « rêverie ». Peut-être que le mental analyse, cherche à déterminer quelque chose. Alors, prenez note que votre mental « analyse ». Peut-être que la pensée est floue ou pas complètement formée. Dans ce cas, qualifiez-la de « pensée floue » ou « indistincte ». Continuez à observer les pensées de cette façon.

Ici, nous utilisons le mental pour observer le mental. Comme utiliser une épine pour enlever une épine, de sorte que nous puissions creuser plus profondément dans les schémas habituels inconscients du mental et amener ce qui est caché dans une plus grande conscience. Cette approche est très utile lorsque les obstacles deviennent extrêmes. Utilisez-la jusqu’à ce que l’obstacle, le phénomène grossier solidifié se soit suffisamment dissout pour que vous puissiez revenir à la respiration en tant qu’objet de méditation.

Il y a quelques autres obstacles courants qui sont susceptibles de survenir dans votre pratique. Les sensations de félicité, les sensations agréables peuvent être tout autant un obstacle que la douleur. Lorsque vous commencez à lâcher prise, à vous abandonner profondément, l’énergie qui partait dans les anciens schémas sera à présent ressentie et cela peut être très agréable. Vous pouvez faire l’expérience de la paix, la tranquillité ou même l’extase. Lorsque le Soi commence à fusionner avec l’objet de méditation, on peut faire l’expérience d’un flux libre de sensations, d’énergie intérieure, de vie intérieure.

Vous pourriez nommer cela une lumière intérieure, ou le « prana ». Quel que soit le nom que vous lui donnez, le mental va probablement générer un fort désir pour ces sensations et expériences, et aussitôt qu’il saisira, s’accrochera à la sensation agréable, celle-ci sera généralement perdue, parce que le plaisir est venu d’une détente dans un espace de non-saisie. Observez si le mental est en train de jouer à ce jeu.

Le mental est intelligent, il s’abandonnera jusqu’à un certain stade de sorte qu’il puisse ressentir la libération du flux, ressentir la sensation agréable, mais la racine du sankara n’est jamais libérée, à cause de la saisie et de l’effort du mental pour contrôler et posséder. Ainsi, vous profitez d’un peu de sensation agréable, et puis la douleur revient, et vous continuez à jouer à ce jeu dans un cycle sans fin.
Si vous faîtes cela, ceci n’est pas la méditation, c’est seulement un jeu auquel votre mental a appris à jouer.

La vraie méditation consiste à n’avoir aucune préférence pour une quelconque sensation, à observer au niveau de la racine de la conscience, sans rien étiqueter comme étant bon ou mauvais. Ne vous accrochez à aucune sensation, aucune expérience, ou à un quelconque état de conscience. Ne commencez pas à désirer Samadhi, parce que Samadhi est la réalisation du Soi qui est au-delà du désir et de l’aversion, au-delà du mental. Observez si le mental est en train de jouer à un jeu quelconque. Observez si votre mental est en train de manipuler votre méditation de quelque façon que ce soit.

Des émotions peuvent survenir en méditation. Les émotions sont une sorte de combinaison de pensées et de sensations. Elles sont liées aux sensations corporelles, mais aussi aux souvenirs et aux expériences. Traitez-les de la même manière que vous le faîtes pour tout autre phénomène. Pénétrez les caractéristiques de l’émotion, observer les caractéristiques de toutes les pensées qui surgissent avec elle, en rendant conscients les aspects inconscients, en observant le champ du changement au niveau de la racine.

Pénétrez en elles avec une conscience perçante et abandonnez-vous profondément, leur permettant d’apparaître et disparaître complètement dans le corps. Pour terminer, le mental peut manipuler la pratique de la méditation en s’attendant à ce que quelque chose se produise. Parfois, les personnes entendent parler des expériences d’autres méditants, lisent des choses sur les yogis et les sages du passé, lisent ou entendent parler de Samadhi, et s’attendent ou veulent que quelque chose de spectaculaire se produise.

Le mental pourrait tenter de fabriquer une quelconque expérience, en espérant voir s’ouvrir le paradis, s’attendant à avoir une quelconque vision, ou qu’une certaine énergie se manifeste. Laissez partir toutes attentes, elles ne sont juste que des idées dans le mental. Asseyez-vous toujours avec l’esprit du débutant, comme si vous ne connaissiez rien du tout en matière de méditation. Asseyez-vous avec l’esprit ouvert comme le ciel, et regardez les pensées apparaître et disparaître comme des nuages.

Asseyez-vous non seulement comme si vous ne connaissiez rien en matière de méditation, mais comme si nous ne saviez absolument rien du tout. Laissez toutes les couches du mental être transparentes comme si vous ne saviez même pas ce que sont les sensations. Comme si vous étiez apparu dans un corps humain pour la première fois, à cet instant. Cette pratique peut vous montrer la vérité, qu’il n’y a pas de substance dans les pensées et les sensations qui composent le soi. La structure du soi est ultimement éphémère, vide, impermanente, et en constante évolution.

Les 25 prochaines minutes seront en silence, et le début et la fin de la méditation seront indiqués par une cloche. Continuez à vous concentrer sur la respiration, sur le souffle en tant qu’objet de méditation, comme décrit dans la méditation guidée, partie 1. Au fur et à mesure que les obstacles se manifestent, si nécessaire, vous avez maintenant des techniques pour pénétrer plus profondément dans leurs caractéristiques inconscientes, et finalement toujours revenir sur la respiration en tant qu’objet de méditation.