La libération est le moment où l'on réalise la vacuité de tous les aspects de la maya, ou de tous les aspects de l'âme. Il ne s'agit pas seulement d'une réalisation intellectuelle, mais d'un éveil de la vacuité elle-même comme étant inséparable de toutes choses. La libération est un effondrement de la dualité ou de la distinction apparente entre l'âme et le non-soi. L'âme est exactement la vacuité (shunyata), et la vacuité est exactement l'âme. La vacuité primordiale s'éveille en tant qu'âme.

   Il existe de nombreux modèles du développement qui décrivent la structure du soi, tels que la hiérarchie de Maslow, la dynamique de la spirale, divers modèles basés sur les chakras, les sefirot de la Kabbale ou la grande chaîne de l'être décrite de différentes manières par Platon, Plotin ainsi que par des mystiques tels que Sri Aurobindo. Tout système spirituel mûr qui reflète l'enseignement pérenne possède un certain modèle de développement. De nombreux modèles psychologiques occidentaux, tels que la hiérarchie de Maslow, sont incomplets et s'arrêtent en réalité là où certains modèles orientaux ne font que commencer, la connaissance des mondes supérieurs ayant été oubliée depuis longtemps. Chaque système est une lentille unique à travers laquelle regarder, offrant une perspective différente et un modèle de langage différent pour pointer vers la masse de phénomènes qui constitue le soi qui grandit et change au fil du temps. Ce qui importe, ce n'est pas de croire ou d'accepter un système comme étant la vérité, mais de voir ce vers quoi ils pointent tous en vous-même ; de rendre conscientes vos parties inconscientes.

    Le bouddhisme ancien et l'hindouisme parlent de “ trois mondes “, de ” trois sphères “, de ” trois plans d'existence “ ou de ” trois royaumes ». Dans le Mantra Gayatri issu du Rig-Véda, l'un des plus anciens textes védiques, il est question de éveil dans les trois royaumes. Les védas sont en quelque sorte des “ hymnes ” pour éveiller sa vraie nature. Le Gayatri est considéré par les yogis comme l'essence des védas, ou la mère des védas, et la quintessence de la connaissance divine. Il énonce qu'il faut éveiller les trois royaumes, le grossier, le subtil et le causal, pour atteindre libération de l'illusion. Une autre façon de le formuler est qu'il faut réaliser la vacuité des trois royaumes, en apportant une conscience éveillée consciente à chaque royaume, sans pour autant y identifier le moindre sentiment de soi.

“Om Bhur Bhuva Swaha”
É veille les trois plans (grossier, subtil et causal)

    Chaque royaume est une couche de maya ou une couche de l'âme/ structure du moi qui agit comme un voile sur notre vraie nature. De même, le Bouddha a dit qu'il fallait réaliser la vacuité des 5 skandhas ou agrégats de matière mental, de tout le structure du moi, pour atteindre le Nirvana. Les 5 skandhas sont un modèle fonctionnel du fonctionnement de l'âme/ structure du moi. Le nombre de divisions importe peu tant que le modèle englobe tous les aspects de l'âme/ structure du moi.

    On trouve une autre grille de lecture dans les Upanishads, qui subdivisent le structure du moi en 5 enveloppes appelées koshas. Les koshas sont des couches de maya ou d'illusion qui recouvrent l'âme tout en étant des expressions de celle-ci. Nous allons utiliser le système des koshas comme exemple de cadre conceptuel pour l'investigation intérieure.

Le premier principe hermétique pour la connaissance de soi est “Le Tout est mental ; l'univers est mental”.

Chaque kosha ou enveloppe de maya peut être décrit comme un niveau de mental qui existe au sein d'un continuum ou d'une matrice de phénomènes allant du plus grossier au plus subtil. Les motifs de ramification sont l'une des signatures de mental que l'on retrouve à tous les niveaux et à toutes les échelles fractales de la nature. Des motifs de ramification de mental ont été découverts dans ce que l'on considère comme de l'espace vide ou de la matière noire, cartographié par l'institut Max Planck lors de la célèbre simulation “ Millennium Run ”. L'espace vide est comme un mental composé de ce qui ressemble à des neurones et à des structures neurales (voir l'image à droite). Ces mêmes motifs de ramification existent au sein des structures atomiques les plus petites, des structures cellulaires et à macro-échelle, comme les motifs de ramification des rivières, de la foudre et des mouvements d'énergie. Mental est de nature fractale et présente des propriétés d'autosimilarité à différentes échelles de grossissement.

On peut commencer à comprendre l'énergie et mental en observant la création de figures de Lichtenberg, qui sont des décharges électriques ramifiées formant des structures caractéristiques semblables à des arbres lorsque l'énergie se déplace à travers différents milieux. La figure de Lichtenberg montre comment les branches, ou motifs de Li dans la nature, recherchent de nouvelles connexions, de nouvelles possibilités. La ramification est l'un des outils de l'univers pour mettre en œuvre la créativité ou la nouveauté. Ce qui se ramifie est vivant, en croissance, en expansion et en exploration ; en un sens, c'est une forme de pensée.

La figure est créée en injectant des billions d'électrons dans un bloc d'acrylique à l'aide d'un accélérateur de particules de cinq millions de volts. Quand on observe la structure en forme d'arbre créée par l'énergie, on voit le chemin que l'énergie a emprunté à travers le matériau. Des motifs similaires de branches ou d'éclairs s'observent sur les personnes qui ont été frappées par la foudre.

La résistance d'hier qui crée la ramification ou condtionnement devient l'expérience répétée de demain, et tout se déroule dans un MAINTENANT éternel. Carl Jung disait que “ ce qu'on résiste persiste ”. Quand il y a de la résistance à ce qui est, l'univers crée des chemins, s'accroche à des schémas et crée une structure de “ soi ” indépendante du reste de l'univers. C'est la création du karma, qui est simplement la tendance de l'énergie à suivre des chemins établis. Dans la matrice de mental conditionné que nous appelons l'univers, l'énergie et la pensée tournent en boucle dans des labyrinthes fractals qui existent sur un continuum du niveau micro au macro, se ramifiant et explorant sans fin.


L'enveloppe physique de maya (annamayakosha)

   L'enveloppe physique est une construction mentale créée à partir de données sensorielles qui forme la perception d'un monde extérieur. L'enveloppe physique est ce qui crée l'illusion d'être un corps physique. Avec les progrès de la modernité et de la science, nous avons développé une grande capacité à explorer, pénétrer et manipuler le monde physique construit mentalement. Chez la majorité des êtres humains, presque toute la conscience réside sur le plan physique et la plupart des activités humaines fonctionnent de manière inconsciente. Nous croyons que nous sommes cet être physique, et notre comportement est robotique et conditionné, répétant des schémas sans fin qui servent tous les intérêts de ce soi illusoire. Les enveloppes physique et mentale constituent ensemble la réalité consensuelle que la plupart des humains expérimentent sur Terre à cette époque.

L'homme et les animaux ne sont qu'un passage et un canal pour la nourriture, un tombeau pour les autres animaux, un refuge pour les morts...“   


Une personne totalement identifiée à annamayakosha n'a pas conscience de ses pensées ni de ses actes ; elle fait littéralement corps avec le schéma physique qu'elle répète. Une telle personne mène une vie de robot et on ne peut pas vraiment dire qu'elle soit pleinement vivante. Quand Jésus a dit “ Laisse les morts enterrer leurs morts ”, les gens auxquels il faisait référence vivaient sur le plan de l'existence le plus grossier. En ce sens, ils étaient déjà morts. La métaphore de la “ résurrection ” ou de “ l'éveil du serpent ” évoque l'élévation de son énergie de cette couche vers les niveaux supérieurs de l'existence.

“ Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé ” Jean 3:14

La gaine mentale (mannomayakosha)

    Le mental inférieur, ou ce qu’on appelle généralement le mental « pensant » ou le mental « sensoriel », c’est le mannomayakosha, ou l’enveloppe mentale. Il englobe toutes les images mentales, les dialogues intérieurs, les perceptions et les émotions, les fantasmes, les rêveries, les concepts et les définitions. C’est en gros tout ce qui donne du sens au monde, mais aussi tout ce qui n’en a pas.

Exercice

Penser, c'est toujours soit visuel, soit auditif (dialogue interne ou son), soit un mélange des deux. Pendant les 5 prochaines minutes, essaie d'observer tes pensées en silence et tu verras que chaque pensée se compose soit d'images, soit d'un truc auditif (dialogue interne), soit des deux.

   Quand le mental bouge de sa propre volonté (inconsciemment), c'est à cause du “ dukkha ”, ou l'insatisfaction, qui est le mouvement du manas ou du mental inférieur agissant pour son propre compte. Le mental inférieur n'est jamais satisfait de ce QUI EST, et il est fondamentalement constitué de schémas de désir et de répulsion. Il existe pour protéger l'organisme et le structure du moi, et pour lui permettre de fonctionner de manière à vivre une expérience humaine. Pour ceux qui s'identifient à leur persona, il est devenu le maître plutôt que le serviteur qu'il est censé être. Chaque fois que nous résistons à ce qui est, le mental s'engage dans des schémas de désir et de répulsion, et nous avons une expérience incomplète de ce qui se passe sur le moment. L'identification au structure du moi crée une expérience “ filtrée ” de la réalité et génère une pensée pathologique qui est la médiation de la vie à travers le filtre du mental. L'expérience incomplète de la réalité est une orientation vers l'extérieur de la projection du monde extérieur créée par le mental, se concentrant sur les “ choses ” ou les phénomènes qui changent constamment. Si notre sentiment de qui ou de ce que nous sommes est lié à l'identification à ces phénomènes (c'est-à-dire que nous préférons ou nous accrochons à une chose plutôt qu'à une autre), alors nous souffrirons lorsqu'ils changeront inévitablement. La majeure partie de l'humanité fonctionne sur les koshas annamaya et manomaya.


L'enveloppe énergétique ou pranique (pranamayakosha)

    Prana, l'énergie intérieure ou la vitalité intérieure a été appelée de bien des façons : le chi dans le taoïsme, kundalini shakti (ou prana shakti) dans la tradition védique, le Saint-Esprit dans le mysticisme chrétien, la Shékinah dans le judaïsme et Sekhmet dans la tradition égyptienne. Sous sa forme manifestée, c'est la pulsation primordiale de l'univers qui fait battre ton cœur, meut tes forces vitales, et fait danser tes atomes pour les amener à l'existence à chaque instant. Sous sa forme latente chez chaque être humain, c'est le potentiel évolutif pour l'épanouissement de la conscience/energy/mental humaine en une conscience/energy/mental divine. Dans ce contexte, Dieu est un mot qui désigne le processus infini par lequel les choses apparaissent et disparaissent, et cela se produit à travers la spirale primordiale ou spirale d'énergie lorsqu'elle prend forme à différents niveaux de mental, du plus grossier au plus subtil. Une autre façon de le formuler est de dire que Dieu ou le Vrai Soi est “ tout-ce-qui-est ”.

   Le Prana est perçu comme une vibration subtile ou le “champ du changement” au seuil des sens, et à ce niveau très subtil, la sensation est perçue comme ondulatoire ou fluide plutôt que particulaire. La perception du prana n'est pas localisée dans un sens particulier, mais est plutôt vécue comme un champ vibratoire qui traverse tous les sens. En commençant à retirer conscience éveillée des objets des sens physiques, l'énergie se libère du fonctionnement de la structure mental conditionné/corps et notre projection mentale d'un monde externalisé commence à s'effacer.

   Il est possible de rendre la couche pranique consciente grâce à l'absorption méditative dans les jhanas matériels, ce qu'on appelle savikalpa samadhi, ou “Samadhi avec une graine” dans les traditions yogiques. On appelle ça Samadhi avec une graine parce qu'il reste quelques phénomènes, ou une graine de forme, même si cette forme est ondulatoire (par opposition à particulaire). Ces étapes initiales de l'absorption méditative sont également liées à kundalini éveil, qui peut prendre de nombreuses variations selon les voies énergétiques empruntées par le prana dans le corps. Comme toutes les enveloppes, celle-ci est aussi maya ou une illusion si nous y identifions notre sentiment du moi. Faire l'expérience du savikalpa samadhi n'est pas la même chose qu'une vision libératrice. On peut vivre l'expérience profondément béatifique d'être relié à toute la création par le champ énergétique. Le sentiment du “ moi ” de chacun peut s'élargir pour engrangé tout ce qui est, tout en restant identifié à ce sentiment du “ moi ” ou à l'expérience, ce qui peut provoquer un profond sentiment de perte lorsque l'expérience prend fin.

   En observant la sensation au niveau le plus subtil possible de conscience éveillée (le niveau de la racine ou le seuil des sens), nous amenons conscience dans le champ pranique, qui est constitué de deux polarités d'énergie. Une fois filtrée à travers le structure du moi, l'énergie s'écoule soit vers un désir positif et un attachement, soit vers un rejet négatif et une aversion. Tel un électro-aimant, le soi dualiste limité est toujours en train d'attirer ou de repousser. La libération d'énergie des schémas de conditionné du monde dualiste est une dissolution ou une “mort” de le moi. En fin de compte, il n'y a rien qui existe qu'on puisse appeler l'ego ; il n'y a que l'activité de égoïste, et lorsque cette activité cesse, l'illusion de le moi est révélée, tout comme ça on le trouve nulle part. Donc c’est pas que tout meurt vraiment, mais plutôt que l'illusion du soi illusoire se dévoile. L'équivalent bouddhiste de l'énergie, c'est le “piti”, décrit comme un ravissement, un bonheur ou une extase qui débarque quand on entre dans des états plus profonds d'absorption méditative.

   Au fil de la méditation, on peut prendre conscience d“” anicca », c'est-à-dire des phénomènes sensoriels changeants à la racine de conscience éveillée. Quand on fait l'expérience complète de quoi que ce soit, on le vit comme de l'énergie et aucune discrimination, aucun schéma de conditionné de convoitise ou d'aversion ne s'active ; il n'y a pas d'énergie pour nourrir l'ancien structure du moi ou s'accrocher à l'expérience. Quand les phénomènes surgissent et disparaissent, il n'y a pas de réaction, et par conséquent pas de nouveau câblage créé, pas de mental ni de karma créés, pas de sankaras ni de séparation d'avec l'expérience. Tout est continuellement renouvelé, vécu comme pour la première fois (avec mental du débutant), sans l'intermédiaire du égoïste soi, et il n'y a ni attachement ni saisie d'aucune forme qui surgit ou disparaît.


Les couches supérieures mental ou « enveloppes de la sagesse » (Vijnanamayakosha)

    Quand ton énergie se libère des schémas conditionné, tu arrives à te connecter à des couches supérieures mental. Ton arbre de vie intérieur ressemble alors davantage à une antenne qui capte un signal mystérieux qu'à une antenne qui diffuse un ego. Toute vraie créativité, tout art, toute musique, toute poésie, toute littérature et toute nouveauté viennent de cette source située au-delà du mental conditionné limité. C'est le Buddhi ou l'intellect dans les traditions védiques, le royaume de l'intuition dans le bouddhisme, ou ce que Platon et Plotin appelaient le monde des idées. Dans les œuvres d'écrivains tels qu'Henry Corbin et de ses successeurs, on la distingue comme imaginaire plutôt que purement imaginaire.

   Il est très important de noter que ce domaine est révélé par une investigation pure, en observant la réalité telle qu'elle est. Il est observé en abandonnant toute activité de égoïste, en entrant dans le vide pur, le pur conscience éveillée et le témoignage. Il n'est PAS réalisé par la visualisation, les rituels, les techniques ou les pratiques car ces choses font partie du mental conditionné qui doit être transcendé. La différence entre le mental inférieur et le mental supérieur est que le mental inférieur produit des phénomènes de pensée répétitifs, itératifs et autonomes, tandis que dans le mental supérieur, on se contente d'être témoin de la réalité telle qu'elle est. La cause et l'effet, le déterminisme et le libre arbitre nécessitent une dualité sujet/objet, mais à mesure que nous entrons dans le domaine imaginal, cette dualité disparaît. Une partie du chemin consiste à apprendre à distinguer l'imagination du mental inférieur des révélations “ imaginales ” du mental supérieur. Pour distinguer les concepts d'en haut construits.

   Il y a un moment dans le voyage où le monde se trouve retourné comme un gant, où les aspects inférieurs du soi sont domptés, et où les monstres, les petits chefs de l'ego, les déchus deviennent des anges. On pourrait appeler cela “ le basculement ”. L'esprit supérieur est le lieu où les symboles et les constructions de l'esprit supérieur sont alchimiquement transmutés en énergie, en pensées et en forme matérielle. Les symboles sont autour de nous, vivants et nous influencent, mais nous n'avons pas encore les yeux pour les voir. Jung a décrit un royaume archétypal, un inconscient collectif, qui façonne nos vies. Joseph Campbell a expliqué qu'il existe une structure mythique inhérente à toutes les religions et que des mythes particuliers sont l'expression d'une forme archétypale sous-jacente. Il a dit :

“Sur le chemin de notre héros : là où on pensait trouver une abomination, on trouvera un Dieu. Et là où on pensait en tuer un autre, on se tuera nous-mêmes. Là où on pensait voyager vers l'extérieur, on arrivera au centre de notre propre existence.”

   Le plan de l'intellect supérieur ou de l'intuition est le miroir par excellence, le lieu épiphanique des Formes du monde archétypal. Ce n'est pas quelque chose que l'on conçoit dans le mental inférieur, mais une toute nouvelle façon de penser et d'être. Sri Aurobindo a dit : “ Il y a au-dessus du mental, comme l'ont découvert les anciens sages védiques, un plan de Vérité, un plan d'Idée auto-lumineuse et auto-efficace, qui peut être tourné en lumière et en force sur notre mental, notre raison, nos sentiments, nos impulsions, nos sensations, et les utiliser et les contrôler selon la Vérité réelle des choses, tout comme nous tournons notre raison et notre volonté mentales sur notre expérience sensorielle et notre nature animale pour les utiliser et les contrôler selon nos perceptions rationnelles et morales. ” Dans l'ancienne Égypte, le “ duat ” était un mot qui désignait les royaumes des Nétérous et comprenait douze niveaux ou régions. Encore une fois, les divisions particulières n'ont pas d'importance. L'impulsion de créer une carte définitive relève de la folie et de l'arrogance du mental inférieur. Ce qui importe, c'est d'abandonner la pensée robotique du mental inférieur pour se connecter directement aux niveaux du “ grand mental ”.

   On peut faire une analogie avec les fractales. L'image fractale que tu vois est le résultat d'une itération, c'est-à-dire la répétition d'un motif. Mais quelque part dans l'ordi, y a le code qui fait que ça marche. Le niveau du code est un niveau de connaissance différent du apparence de la fractale, qui est simplement le résultat itéré du modèle caché sur un écran ou un appareil. Le résultat de la fractale apparaît sur un écran d'ordinateur, tout comme les pensées apparaissent dans le mental. On pourrait dire que le mental supérieur est la couche de modèle ou le niveau de code de notre monde. Les niveaux peuvent être conçus en termes de formes archétypales, symboliques, mythiques, mathématiques, géométriques, angéliques et d'innombrables autres mental. Ce sont tous des aspects du mental supérieur, et ils sont aussi réels que (ou parfois apparemment plus réels que) tout autre aspect de maya. Dans le bouddhisme tibétain et vajrayana, on sait qu'il existe un royaume supérieur où l'on peut rencontrer des “ yidams ” qui sont des aspects du moi supérieur, du Bouddha mental. Incarner un yidams ou un Neter est appelé la voie de l'éclair - c'est un moyen rapide de se rappeler un conscience particulier et de réaliser des aspects au niveau de l'âme qui ont traversé d'innombrables vies. Les possibilités créatives sur le plan imaginal sont littéralement infinies.


Le corps causal (Anandamayakosha)

   Le corps causal ou enveloppe de béatitude sans dualité est impossible à exprimer avec des mots et toute description semblera paradoxale au mental, car il implique le dépassement de tous les opposés inhérents au langage. Le corps causal s'éveille lorsque la pureté conscience éveillée, turiya se manifeste comme le corps lui-même ; comme tout ce qui est. On habite une réalité où la forme et la vacuité, le soi et l'autre, sont réalisés comme la réalité sans dualité.

   Dans les traditions yogiques, le mot “ satchitananda ” est utilisé pour décrire l“” expérience “ du domaine causal. Sat signifie ” vérité “, chit c'est ” mental ou conscience “. Le mot ” ananda » est généralement traduit par béatitude, mais nous n'avons pas de mot satisfaisant dans notre langue pour désigner ce vers quoi cela pointe. Quand nous parlons habituellement de béatitude, nous parlons du fait de se sentir bien, de sensations d'énergie ou de bien-être. Une expérience ne doit pas être confondue avec le satchitananda, qui est quelque chose de complètement différent. Ce n'est pas du tout une expérience, mais plutôt un réveil à la vérité ou à la réalité telle qu'elle est, et à la nature illusoire du celui qui fait l'expérience. On réalise toute l'existence comme un espace infini, conscience, un néant, et ce n'est ni un objet de perception, ni non-perception. C'est la danse du vide de Zen - c'est au-delà de la dualité, au-delà de la peine et du plaisir, du bien et du mal. C'est notre nature innée, la béatitude du cœur le plus subtil ; un conscience éveillée indifférencié qui est partout et nulle part.

   Même le éveil sur le plan causal (anandamayakosha) est toujours un niveau de maya. N'oublie pas que tous les koshas contiennent le mot “ maya ”. La prajna paramita, éveil vers la sagesse ultime, consiste à réaliser la vacuité de tous les niveaux du soi. Dans le Soutra du Cœur, le Bouddha a dit qu'en pratiquant la prajna paramita, le Bodhisattva a réalisé la vacuité des cinq skandhas, qui sont les cinq agrégats ou “ monceaux ” de trucs de mental décrits dans la tradition bouddhiste. La vérité est révélée lorsqu'on réalise que tous les aspects du structure du moi sont vides ou dépourvus de soi. Cela signifie même lâcher prise sur le conscience éveillée causal, un lâcher prise vers incompréhensible faut surtout pas en parler.

   Quand on s'éveille à un niveau vibratoire supérieur à celui auquel on est habitué, tout le bazar conditionné en dessous de ce niveau dont on n'a pas pris conscience commence à remonter. Tous les sankaras qui n'ont pas été purifiés vont commencer à faire surface. Les cinq koshas reflètent les cinq niveaux de condtionnement qui nous maintiennent piégés dans maya. Il y a le condtionnement biologique qui correspond à notre nature animale, le condtionnement psychologique dont nous héritons de la société, le condtionnement pranique qui constitue notre modèle évolutionniste, le mental supérieur ou niveau de l'âme condtionnement qui englobe la sagesse archétypale, la perspicacité, le mental supérieur et les aspects universels du jeu de Leila, et enfin il y a le causal qui est conscience éveillée en tant que fondement de tout être. Au début, on apprend à “ rester tranquille et à savoir ”. Rester tranquille en ce sens ne se résume pas à l'arrêt d'une activité, mais à l'éveil de quiétude au cœur de l'activité, à l'éveil de la vacuité au sein de la forme. Comme il est écrit dans le Shraddhotpada Shastra bouddhiste :

“ Toutes les choses de ce monde sont irréelles et trompeuses ; elles ne sont que des projections de l'esprit mental. Tout comme les reflets qui apparaissent dans un miroir, en réalité, toutes les choses n'ont elles aussi aucune consistance réelle ; elles sont fausses, illusoires et “uniquement Mental”.